Samedi 11 août 2012 :
Deux semaines jour pour jour après notre retour de vacances, nous voici déjà, et pour notre plus grand plaisir, à nouveau pensionnaires de notre petite maison sur roues pour un long week-end de 5 jours. Au programme, les hortillonnages d’Amiens ainsi que sa cathédrale, le Parc Samara, puis carte blanche pour clore cette petite balade au coeur de la Somme. Il nous faudra aussi composer avec la météo puisque des orages sont annoncés.
Nous quittons la maison en fin de matinée sous un soleil radieux. Après deux heures de route par les routes départementales et grâce à notre précieux GPS programmé sur le boulevard de Beauvillé, nous trouvons assez rapidement le parking du Parc Saint Pierre, agréablement situé en face d’un plan d’eau et non loin des hortillonnages. D’après ce que j’ai pu lire sur le site officiel de la ville, il y a d’autres parkings accessibles aux camping-cars, certains payants la journée, ainsi qu’un camping assez éloigné du centre-ville. J’ai donc choisi cet endroit pour sa proximité avec le parc qui m’a fait espérer un espace verdoyant et nous nous trouvons effectivement dans un bel environnement. Le CC déborde légèrement sur l’allée mais nous sommes garés tout au fond, en compagnie de 2 autres CC et il y a très peu de circulation. Nous déjeunons à l’intérieur toutes baies ouvertes, à l’ombre et au calme.

 

Nous partons reconnaître les lieux et après avoir traversé le parc puis le quartier Saint Leu, nous atteignons la cathédrale Notre-Dame d’Amiens dans laquelle on peut, parait-il, loger 2 cathédrales Notre-Dame de Paris. C’est bien elle que l’on apercevait du parking. Nous admirons le travail des artisans du 13ème siècle qui seraient bien surpris aujourd’hui de voir nos tristes immeubles pourtant construits avec tant de technologies.
Petit choc en arrivant par ce côté …

 

Nous allons ensuite repérer l’emplacement de l’embarcadère pour la visite des hortillonnages que nous programmons demain.
Nous apprenons à l’Office de Tourisme qu’a lieu tous les soirs une illumination en couleurs de la cathédrale.
Nous voilà partis après dîner, il y a environ un kilomètre de trajet à pied, nous commençons à prendre nos repères. Le quartier est bien animé avec de nombreux restaurants au bord de l’eau, il fait doux et c’est bien agréable.

 

Le spectacle met superbement bien en valeur les sculptures de la façade principale. Nous apprenons qu’autrefois, elles étaient toutes peintes, certaines couleurs étant obtenues grâce à des pierres précieuses broyées en provenance de Perse. Dommage, le commentaire aurait gagné à être plus vivant et moins avare en anecdotes, il était à mon goût, trop orienté sur la description des personnages religieux. Néanmoins, c’est un régal pour les yeux et de plus, offert par la ville. Il a lieu tout l’été à la tombée de la nuit ainsi qu’au mois de décembre.
Au retour, il fait nuit noire.

 

Nuit sur le parking du Parc Saint Pierre d’Amiens.
Dimanche 12 août 2012 :
Il y a eu un peu de bruit hier soir et nous avons eu du mal à trouver le sommeil avant 2 ou 3 heures. Réveil ce matin avec le chant des oiseaux et sous un beau soleil.
La balade matinale avec Vanille a été des plus agréable. Nous croisons une femme tout de blanc vêtue qui s’entraîne à un art martial dont j’ignore le nom. Elle effectue de majestueuses chorégraphies, avec pour toile de fond la cathédrale, l’eau et les cygnes; puis les cloches se mettent à sonner pendant de longues minutes annoncant sans doute la messe du dimanche matin.
Nous croisons ensuite une maman installée avec ses deux jeunes enfants au bord de l’eau et distribuant du pain aux cygnes et aux canards qui affluent de toutes parts. Et nous rencontrons enfin un couple d’éleveurs de Matins de Naples accompagnés de deux de leur chiens, un mâle et une femelle, tous 2 primés à différents concours canins; avec leurs 69 et 80 kgs respectifs, ils sont à la fois craquants et impressionnants.

Alain préfère aller garer le camping-car sur le parking des hortillonnages qui est bien à l’ombre. Il y a un horodateur mais comme nous sommes dimanche, c’est gratuit.
Alors qu’il y avait hier 2h30 d’attente, ce matin, c’est nous qui patientons quelques minutes pour que notre bateau soit au complet, soit une douzaine de personnes. Il faut dire qu’il est indiqué à l’Office de Tourisme que les visites du matin sont réservées uniquement aux groupes. Mais en cas de faible affuence, ce qui est le cas aujourd’hui, la visite est ouverte à tous.
La promenade dure environ 45 minutes, tout au long commentée par notre guide qui connait tout le monde sur le trajet et qui y va de son petit mot gentil ou de sa petite blague et n’hésite pas à nous prendre à partie.
Grâce au moteur électrique adapté sur les traditionnels bateaux à cornet, la balade est très calme. Les hortillonnages, vieux de plusieurs siècles, sont des parcelles de terre surélevées lors du creusement des canaux. Ils ont toujours été très fertiles et favorables à la culture maraîchère.
Ce sont aujourd’hui des propriétés privées, accessibles uniquement à bord de barges à fond plat et à bout relevé, ce qui permet de ne pas abimer les berges fragiles qui doivent être régulièrement entretenues. Quelques parcelles sont en vente, leur prix est raisonnable, tout au plus une vingtaine d’euros le mètre carré, mais sans eau et sans électricité; néanmoins, par cette belle matinée ensoleillée, forte serait notre envie d’y installer notre petit paradis …
Un concours incite chaque année les propriétaires à embellir leurs berges mais il y a eu cette année un gros manque de soleil …

 

Fin de matinée, les voitures affluent sur le parking, nous fuyons peut-être un peu trop rapidement la grande ville et prenons la route de Picquigny où il y aurait une aire que nous ne trouverons pas et nous finirons par nous installer sur le parking du Parc Samara. Demain y débutent les fêtes préhistoriques qui vont durer 3 jours et nous prévoyons donc de faire la visite en espérant que le changement de temps annoncé ne sera pas trop radical.

Se profile donc une petite après-midi de farniente, nous en avons bien besoin car nous n’avons pas très bien dormi la nuit dernière.
Nous partons quand même faire une promenade avec Vanille dans l’après-midi. Au fond du parking, une aire de pique-nique et un sentier menant à un chemin de halage le long de la Somme. Un embarcadère est prévu pour que les bateaux de plaisance puisse aussi visiter le parc et il y en a justement un qui est amarré.

 

Nuit sur le parking du Parc Samara.
Lundi 13 août 2012
Nuit très calme, nous sommes 4 CC. On nous avait confirmé à la maison de la Somme située à côté de l’Office de Tourisme d’Amiens qu’on pouvait passer la nuit ici sans problème.
Au petit déjeuner, la radio régionale invite les auditeurs à venir visiter le parc et nous allèche déjà avec le programme des festivités. Le site est calme et verdoyant, le soleil est de la partie et une belle journée se profile.
Et effectivement, nous ne nous sommes pas ennuyés une seule seconde. Tout au long de la journée, ce fût une belle immersion chez nos très lointains ancêtres.
D’entrée, nous assistons à une visite guidée de l’exposition permanente retraçant les 600 000 ans d’histoire de l’humanité, une belle et passionnante révision d’histoire qui dure environ une heure.
Pour les autres visites, tout a lieu à l’extérieur. Le personnel, habillé en tenue d’époque était très sympathique, patient, pédagogue, vraiment très agréable.
Mouture du blé.

Les reconstitutions d’habitat sont superbement réalisées. Dans les différentes habitations, des recettes de l’antiquité étaient proposées, viande de boeuf cuite dans l’argile, fines galettes accompagnées de miel et fromage frais de chèvre ou de compote de fruits rouges, hummmm … délicieuses !

Le feu crépite dans les fours réalisés avec bois et torchis.
A l’âge de fer, nous dégustons un excellent Minutal; c’est un ragoût à base de viande de boeuf, saucisses, lardons, pommes, miel, épices, accompagné de pain au miel. Un peu plus loin, poisson et lapin grillés à l’extérieur qu’on découpe au silex.
Avec quelques aliments de base et des moyens assez rudimentaires, nos ancêtres se régalaient quand même bien.
Les ateliers artisanaux étaient également passionnants : la forge où l’on fabrique des moules selon la méthode de la cire perdue pour donner vie à toutes sortes d’objets et d’outils; il y régnait une chaleur démoniaque, les forgerons devaient souffler longtemps pour faire monter la température du foyer et il aurait fallu rester devant toute la journée pour comprendre et assister à la réalisation complète d’un outil.

L’atelier de menuiserie, de laine, filage et coloration avec les fleurs trouvées sur le parc, poterie, art pictural, beaucoup de thèmes abordés, tous plus passionnants les uns que les autres.

Vers la fin du parcours nous rencontrons la personne qui nous avait conseillé cette visite à Amiens, elle est en pleine expérimentation avec deux autres employées à la réalisation d’une cape avec de grandes herbes qu’elles sont allées tailler dans les marais. Elles travaillent à partir d’un dessin et agenouillées, la tâche est ardue : il faut souvent vaporiser la pièce pour qu’elle ne casse pas, tresser, faire des noeuds, on passerait volontiers plus de temps à voir évoluer le travail mais le parc ferme bientôt ses portes et il faut rejoindre la sortie. Elles nous expliquent qu’elles se sont données les 3 jours de festivités pour mener à bien leur mission. Tout au long de la visite, on a d’ailleurs ressenti cette volonté du personnel d’améliorer, de progresser, d’expérimenter sans arrêt de nouvelles techniques inspirées des dernières découvertes archéologiques et cela m’a vraiment impressionnée.
L’histoire à Samara est un vrai régal et le Parc reçoit d’ailleurs de très nombreux groupes scolaires tout au long de la saison, soit de mars à novembre. Nous y avons passé une excellente journée bien loin de l’agitation de nombreux parcs d’attraction, celui-ci est instructif et beaucoup moins onéreux …
En fin de journée, nous rejoignons l’aire de Doullens, il nous faut effectuer la vidange et un plein d’eau pour finir le week-end. La zone technique est joliment aménagée mais rien n’est réellement prévu pour la vidange des eaux noires qu’il faut donc vider dans la grille des eaux grises. Le robinet est une belle fontaine mais pas du tout approprié à nos embouts de remplissage, il faut donc sortir l’entonnoir et le jerrican et remplir manuellement. Il y a 4 places de stationnement, elles sont déjà toutes occupées, nous nous garons sur le parking situé juste en face et à côté du musée.
Le musée de Doullens.
Nuit sur l’aire de Doullens.
Mardi 14 août 2012 :
Nuit calme en compagnie de 6 ou 7 CC. Par contre, la grand-route est toute proche et nous sommes réveillés ce matin par le bruit incessant de la circulation. Le ciel est gris mais le soleil essaie de percer à travers la couverture nuageuse. Jusqu’à présent, rien de désagréable comme il avait été prévu à la météo.
Nous partons faire un petit tour en centre-ville, visitons l’église Notre Dame (oui encore Notre Dame) dans laquelle se trouve une Mise au Tombeau datant de 1583 classée monument historique. Elle est magnifiquement conservée car elle est restée à l’abri des regards pendant de longues années.
Puis nous passons devant le beffroi reconnu à l’Unesco et qui abrite l’Office de Tourisme. Nous pressons un peu le pas car nous souhaitons faire quelques courses. Nous déjeunons au CC.

Au retour, sur l’aire, un CC allemand amoureux de la France :

Comme personne n’a su nous dire exactement la direction à prendre pour aller visiter la citadelle, juste qu’elle semblait loin, nous prenons la route avec l’intention de nous y arrêter. C’est finalement tout proche de l’aire, il suffit de prendre à droite et de monter un peu la côte. Mais le petit parking que nous apercevons de la route est complet et finalement, nous ne ferons pas demi-tour. Il faut dire que nous avons également très envie de visiter la Cité Souterraine de Naours.
Nous y arrivons après une demi-heure de route. C’est une visite insolite et fraîche, il y fait 9 degrés toute l’année. Le site a tout d’abord été exploité pour son calcaire afin de construire les habitations. Puis il est devenu un site de protection pour les habitants de la ville. Il a également abrité des armées pendant les différents conflits. C’est immense et il s’est créé au fil du temps toute une organisation, bergerie, chapelle, pièges, four, oubliettes, la visite avec audiophone est très bien faite mais les photos sont interdites.

Pour clore la visite, des petites scènes de la vie et des métiers d’antan puis une jolie balade dans leur très beau parc où vivent de nombreux animaux. On grimpe ensuite pour atteindre 2 moulins, on peut même en visiter un de tout près et y monter.

Nous pouvons rester dormir sur le parking qui devient le soir un charmant bivouac pour les CC.
Aux infos, nous apprenons qu’il y a eu des émeutes la nuit dernière dans les quartiers nord d’Amiens. Aïe, je souhaitais y retourner une prochaine fois car nous n’avions pas visité la maison de Jules Verne, entre autres, mais j’ai bien peur maintenant qu’ Alain ne veuille plus y retourner …
Nuit sur le parking de la Cité Souterraine de Naours.
Mercredi 15 août 2012 :
Nuit très calme. Ce matin, ce sont les « cocottes » qui nous réveillent. Nous quittons ce bel endroit alors que les touristes commencent à arriver.
Arrêt sur l’aire de Conty pour déjeuner où nous ferons également la vidange, une balade en ville et une autre sur le terrain de courses d’attelage juste à côté. Il a accueilli l’an passé le Championnat du Monde d’Attelage en paire.
Encore un week-end bien sympathique qui se termine. Nous n’avons pas fini d’explorer cette région pourtant si proche de chez nous, promis, nous reviendrons.
L’aire de Conty.
Un passage à gué.